jeudi 6 septembre 2018

"Comme un seul homme" de Daniel Magariel

Emprise paternelle

"Mon frère n'était toujours pas rentré à la maison. Je me faisais du souci pour lui. Je débordais d'une étrange espèce de tristesse. J'avais l'impression d'être rempli de vide."




Présentation de l'éditeur

Le combat fut âpre. Mais, ensemble, le narrateur, un garçon de douze ans, son frère aîné et leur père ont gagné la guerre – c’est ainsi que le père désigne la procédure de divorce et la lutte féroce pour la garde de ses fils. Ensemble, ils prennent la route, quittant le Kansas pour Albuquerque, et un nouveau départ. Unis, libres, conquérants, filant vers le Nouveau-Mexique, terre promise, ils dessinent les contours de leur vie à trois.
Les garçons vont à l’école, jouent dans l’équipe de basket, se font des amis, tandis que leur père vaque à ses affaires dans leur appartement de la banlieue d’Albuquerque.  Et fume, de plus en plus  – des cigares bon marché, pour couvrir d’autres odeurs. Bientôt, ce sont les nuits sans sommeil, les apparitions spectrales d’un père brumeux, les visites nocturnes de types louches. Les garçons observent la métamorphose de leur père, au comportement chaque jour plus erratique et violent. Livrés à eux-mêmes, ils n’ont d’autre choix que d’endosser de lourdes responsabilités   pour contrer la défection de leurs parents, et de faire front face à ce père autrefois adulé désormais méconnaissable, et terriblement dangereux.
Daniel Magariel livre un récit déchirant, éblouissant de justesse et de délicatesse sur deux frères unis dans la pire des adversités, brutalement arrachés à l’âge tendre. Deux frères qui doivent apprendre à survivre et à se construire auprès d’un père extraordinairement toxique, au milieu des décombres d’une famille brisée.


Mon Avis

L'image de la couverture a du sens. Deux silhouettes juvéniles surplombées par celle d'un homme imposant, ressemblant à un cow-boy avec son chapeau et sans doute une arme au niveau des hanches. Deux ombres fluettes, une silhouette écrasante ; deux fils et leur père. Nous ne saurons pas leurs noms. Cependant, les premières pages nous donnent le ton dès le départ puisque l'on assiste à une scène de violence entre le narrateur âgé d'une douzaine d'années et sa mère. Suite à cet épisode qui est sans doute habituel, l'adolescent décide de tout faire pour aller vivre chez son père... Avec ce dernier, il élabore un plan machiavélique. Il fait croire aux services sociaux que sa mère le frappe, photos à l'appui. Pour ce faire, il se donne lui-même des coups au visage. C'est l'occasion inespérée pour le père d'avoir la garde exclusive de ses deux garçons, de remporter "la guerre" contre son ex-femme :

"- Ça, ça va mettre fin à la guerre, a-t-il dit. Pas de garde des enfants. Pas de pension alimentaire. Grâce à ça, on va être libres. Libres de recommencer nos vies. Vous verrez. Au Nouveau-Mexique, je vais redevenir un gamin. On reviendra tous les trois des gamins." (page 15)


Même si on émet de sérieux doutes quant à la stabilité de la mère, nous nous apercevons rapidement que le père est un personnage néfaste. Il décide sur un coup de tête de quitter le Kansas pour s'installer à Albuquerque, loin de la mère des garçons. Coupés de leurs racines et de leur mère, les deux frères sont confrontés à un père violent, manipulateur et irresponsable. Il donne volontiers le volant à son fils aîné qui n'a pas le permis, il emmène ses fils dans les bars, il n'hésite pas à se montrer extrêmement violent avec eux s'ils ne lui obéissent pas. Puis, face à ce père qui s'enfonce dans la drogue, les deux frères n'ont pas le choix que de tout gérer pour survivre. 

"Mon frère n'allait pas en cours, obligé de rester à la maison pour s'occuper du classement des papiers, payer les factures, contacter des clients potentiels." (page 48)

Ce père est une figure écrasante qui n'hésite pas à manipuler ses enfants, quitte à les monter l'un contre l'autre pour arriver à ses fins. 

"- On est déjà au courant, papa, l'a interrompu mon frère.
- Au courant de quoi ?
- Que tu te drogues." (page 45)

Le lien qui unit les deux frères devient de plus en plus fort. Cette force fraternelle est bel et bien le seul sentiment positif dans ce roman noir. Malmenée par le père, cette amitié est leur seule chance de s'en sortir. D'ailleurs, étonnamment, c'est le père qui l'affirme :

"Les garçons, vous êtes si proches en âge que chacun doit pouvoir compter sur son frère. Quoi qu'il arrive, chacun doit protéger l'autre. Vous comprenez, hein ? Vous ne comprenez pas ? Ne me regardez pas comme ça. Pourquoi vous me regardez comme ça ? Regarde ton frère. 
Regarde ton frère, bon sang. 
On s'est tournés l'un vers l'autre.
- C'est ton frère pour la vie. Tu es sa dernière ligne de défense." (page 62)

Plus on avance dans l'histoire, et plus le regard du narrateur change sur sa mère. Son image est de plus en plus positive, elle devient même un refuge, un souvenir rassurant. Il réalise peu à peu l'emprise du père sur eux et comment cette manipulation l'a rendu aveugle. 

Ce premier roman met en lumière le passage violent de l'enfance à l'âge adulte, met à mal l'image de ce père exécrable, et fait la part belle au lien fort de ces deux frères qui font tout pour s'en sortir. Nous distinguons bien ici l'évolution des relations père-fils : les fils sont livrés à eux-mêmes et sont donc "obligés" de se prendre en charge seuls, de devenir adultes plus rapidement que prévu ; et le père est infantilisé ("(...) moi en train de bercer notre père" ; "On avait mis notre père au lit", page 110). On passe de l'image illusoire d'un père fort à une image désastreuse.
Mais alors comment échapper à la tyrannie d'un père ? Comment s'extirper de son emprise?

"J'ai grimacé en revoyant le bout rouge à vif à l'arrière du crâne de ma mère. Je n'arrivais pas à comprendre comment on avait fomenter ce guet-apens. Comment est-ce qu'on avait eu l'idée ? La réponse était évidente : on avait toujours été loyaux vis-à-vis de mon père. C'était lui le plus fort. On le craignait. Il avait besoin de nous. Son approbation lui avait toujours bien plus compté que celle de notrere - ça me donnait un sentiment de puissance." (page 73)

En bref, Comme un seul homme est un premier roman noir réussi, court et percutant sur l'affrontement de deux frères face à un père violent, manipulateur et dévastateur. Nous sommes bouleversés face à ces deux garçons qui adoraient leur père, et qui brutalement, sont livrés à eux-mêmes face à ce père qu'il ne reconnaissent pas. On perçoit aisément le lien indéfectible entre les deux frères. Mais suffira-t-il à les arracher de l'emprise de leur père ? A vous de le découvrir. 
Daniel Magariel est assurément un auteur à suivre.

Un grand merci aux éditions Fayard !



Comme un seul homme (One of the Boys), Daniel Magariel, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Nicolas Richard, Fayard, collection littérature étrangère, 22 août 2018, 192 pages, 19 €, format Kindle : 13,99 €.

Bonus : la critique du New York Times





A bientôt ^^




dimanche 26 août 2018

Premières lignes #45 : "Désert solitaire" d'Edward Abbey

Ce rendez-vous hebdomadaire a été créé par Ma Lecturothèque.

Le principe est simple : il s’agit de présenter chaque semaine l’incipit d’un roman.

Ce rendez-vous est très intéressant car il nous permet de découvrir en quelques lignes un style, un langage, un univers, une atmosphère.

On choisit le livre que l'on veut : un coup de cœur, une lecture actuelle, un livre de sa PAL, un emprunt à la bibliothèque...


Aujourd'hui, je lis avec vous les premières lignes de Désert solitaire d'Edward Abbey, le poche de septembre du Picabo River Book Club. Il fera l'objet d'une lecture commune et nous pourrons même poser des questions au traducteur, Jacques Mailhos ! Si cela vous dit, n'hésitez pas à rejoindre le groupe sur Facebook !
Bonne lecture !


Peu de livres ont autant déchaîné les passions que celui que vous tenez entre les mains. Publié pour la première fois en 1968, Désert solitaire est en effet de ces rares livres dont on peut affirmer sans exagérer qu’il “changeait les vies” comme l’écrit Doug Peacock. À la fin des années 1950, Edward Abbey travaille deux saisons comme ranger dans le parc national des Arches, en plein coeur du désert de l’Utah. Lorsqu’il y retourne, une dizaine d’années plus tard, il constate avec effroi que le progrès est aussi passé par là. Cette aventure forme la base d’un récit envoûtant, véritable chant d’amour à la sauvagerie du monde, mais aussi formidable coup de colère du légendaire auteur du Gang de la clef à molette.



Premier matin




C'est le plus bel endroit au monde.
      Des endroits comme ça, il en existe beaucoup. Tout homme, toute femme, a dans son coeur et dans son esprit l'image de l'endroit idéal, de l'endroit juste, de l'authentique chez-soi, connu ou inconnu, réel ou imaginé. Une péniche dans le Cachemire, un appartement avec vue sur Atlantic Avenue à Brooklyn, un corps de ferme gothique tout gris au bout d'un chemin de pierres dans les Allegheny Mountains, une cabane sur la berge d'un lac bleu dans la région des pins et des épicéas, une ruelle poisseuse près de la rive de l'Hudson, à Hoboken, ou même, pourquoi pas, pour les personnes au tempérament moins exigeant, une vue sur le monde depuis un appartement confortable en haut d'une tour noyée dans le smog onctueux et velouté de Manhattan, Chicago, Paris, Tokyo, Rio ou Rome - il n'y a pas de limite à la capacité qu'a l'homme de se sentir chez lui quelque part. Des théologiens, des aviateurs et des astronautes ont même pu sentir l'appel de ce chez-soi descendre sur eux depuis l'en haut et les vastes régions désertiques de l'espace interstellaire. 
      Pour moi, ce sera Moab, Utah. Je ne parle pas de la ville elle-même, bien sûr, mais de ses environs : le pays des canyons. Le désert de grès lisse. La poussière rouge et les à-pics brûlés et le ciel solitaire. Tout ce qui se trouve au-delà du bout des routes.
      Ce choix m'est apparu comme une évidence ce matin lorsque je suis sorti d'une caravane - de ma caravane - de logement du Service des parcs et que j'ai admiré pour la première fois de ma vie un lever de soleil sur les hoodoos de l'Arches National Monument.
      Je n'avais pas pu en voir grand-chose la veille au soir. Après avoir roulé toute la journée - quatre cent cinquante miles* - depuis Albuquerque, j'avais atteint Moab de nuit par un temps froid, venteux et nuageux. Au siège administratif du parc, au nord de la ville, j'avais rencontré le directeur et le chef ranger qui étaient, avec un homme chargé de maintenance et de l'entretien, les seuls employés permanents au sein de cette cellule particulière du système des parcs nationaux américains. Ils m'offrirent un café, puis me donnèrent les clefs de ma caravane ainsi que des indications pour la trouver; ma mission implique que je vive et travaille non pas au siège mais dans ce poste avancé à quelque vingt miles à l'intérieur du parc. Seul. C'est exactement ce que je voulais, naturellement, sans quoi je n'aurais jamais postulé pour ce job.
      Je quittai le siège et les lumières de Moab, roulai douze miles vers le nord sur la grand-route, jusqu'à un croisement avec une piste de terre sur la droite, marquée par un petit panneau de bois indiquant : ARCHES NATIONAL MONUMENT 8 MILES. Je quittai le macadam et tournai vers l'est et la grande nature sauvage. Le vent du nord-ouest hurlait, les nuages noirs filaient devant les étoiles - tout ce que je voyais, c'était des touffes de buissons et quelques genévriers çà et là au bord de la route. Puis je vis un autre petit panneau :

DANGER
SABLE MOUVANT
NE TRAVERSEZ PAS LE LIT
SI VOUS VOYEZ DE L'EAU

      Dans le faisceau de mes phares, le lit semblait parfaitement sec. Je descendis le talus, traversai et remontai le l'autre côté pour continuer à m'enfoncer dans la nuit. De chaque côté, j'entraperçus d'étranges blocs de roche pâle, comme des éléphants, des dinosaures ou des gobelins du Néolithique pétrifiés. De temps à autre, quelque chose de vivant traversait la route à toute vitesse : rat kangourou, lièvre, et un animal qui ressemblait à un croisement entre un raton laveur et un écureuil - le bassaris rusé. Un peu plus loin, un couple de cerfs mulets surgit hors d'un buisson et détala en diagonale dans le losange de mes phares, soulevant des petits nuages de poussière que le vent, plus rapide que mon pick-up, emportait loin devant moi, hors de vue dans la nuit. Ma route étroite et rocailleuse serpentait en virages serrés, plongeait dans des ravines, en remontait, tout en grimpant progressivement vers un sommet que je ne découvrirais qu'à la lumière du lendemain.

* Par souci d'authenticité, les unités de mesure américaines sont conservées : ainsi, un mile représente environ 1,6 km ; un yard 0,9 m ; un pied 30,5 cm et un pouce 2,5 cm. Une acre représente 0,4 ha. (Toutes les notes sont du traducteur.)


Désert solitaire (Desert solitaire), Edward Abbey, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Jacques Mailhos, préfacé par Doug Peacock, collection "Totem", Gallmeister, n°110, 23 août 2018, 346 pages, 10 €.


Bon dimanche et à bientôt ^^






jeudi 23 août 2018

Rentrée littéraire 2018 : ma sélection de livres format poche

La rentrée littéraire, c'est également un événement chez les éditions poches ! C'est l'occasion pour nous, lecteurs, de lire enfin les ouvrages qui ont fait tant parler d'eux l'année dernière. Dans cette sélection, j'ai glissé bien entendu des livres que j'aimerais découvrir, mais aussi certains qui m'ont marquée l'année passée et que je vous recommande. Les vacances se terminent... (non, je n'ai rien dit, je n'ai rien dit...^^). Bon courage à vous tous, excellente rentrée et bonne lecture !

Pour retrouver ma sélection de sorties grands formats, c'est par ici !





Le 16 août


Chaleur, Joseph Incardona (Pocket)


La Finlande : ses forêts, ses lacs, ses blondes sculpturales... et son championnat du monde de sauna. Chaque année, des concurrents viennent de l'Europe entière pour s'enfermer dans des cabines chauffées à 110°. Le dernier qui sort a gagné.
Les plus acclamés sont Niko et Igor : le multiple vainqueur et son perpétuel challenger, la star du porno finlandais et l'ancien militaire russe. Opposition de style, de caractère, mais la même volonté de vaincre. D'autant que, pour l'un comme pour l'autre, cette compétition sera la dernière.
Si dérisoire que soit l'enjeu, au-delà de toute raison, la rivalité peut parfois pousser l'homme à la grandeur. À la fois pathétiques et sublimes, Niko et Igor illustrent cela à merveille.



Où la lumière s'effondre, Guillaume Sire (Pocket)


Il faut détruire Internet.
Paul Mercier a beau être un génie de la Silicon Valley, il en a désormais la conviction : Internet est une menace pour l'humanité…
C'est pourquoi il a levé une armée. 10 000 individus dans le monde. 10000 " terroristes " parés à dynamiter le réseau. Seulement voilà, à la veille de l'opération, Paul se fait tirer dessus. Entre la vie et la mort, il confie à Robin, son ami d'enfance, la poursuite de la mission. Ce dernier aura-t-il le courage de se dresser face à un système qu'il a lui aussi contribué à concevoir ?




Une Histoire des abeilles, Maja Lunde (Pocket)


Unes, et pourtant plusieurs. Dangereuses, mais sources de vie, les abeilles garantissent l'espoir du monde. 
William, George, Tao... Chacun, à sa manière, nourrit avec ces incroyables insectes une relation privilégiée. Chacun, à son époque, rêve de changer l'avenir, d'offrir à ses enfants des lendemains meilleurs. D'inventer, de transmettre ce qu'il sait... ou croit savoir. Car les abeilles disparaissent, inéluctablement, et dans l'indifférence. 

Victimes de notre espèce, elles en seront, peut-être, le salut... 

Traduit du norvégien par Loup-Maëlle Besançon




Aristote et Dante découvrent les secrets de l'univers, Benjamin Alire Saenz (PKJ)


Une histoire d'amour, d'une profondeur et d'une justesse bouleversantes!

Ari, quinze ans, est un adolescent en colère, silencieux, dont le frère est en prison. Dante, lui, est un garçon expansif, drôle, sûr de lui. Ils n'ont a priori rien en commun. Pourtant ils nouent une profonde amitié, une de ces relations qui changent la vie à jamais... C'est donc l'un avec l'autre, et l'un pour l'autre, que les deux garçons vont partir en quête de leur identité et découvrir les secrets de l'univers.

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Hélène Zylberait



La Maison des Turner, Angela Flournoy (10/18)


Cela fait plus de cinquante ans que la famille Turner habite Yarrow Street, rue paisible d'un quartier pauvre de Detroit. La maison a vu la naissance des treize enfants et d'une foule de petits-enfants, mais aussi la déchéance de la ville et la mort du père. Quand Viola, la matriarche, tombe malade, les enfants Turner reviennent pour décider du sort de la maison qui n'a désormais plus aucune valeur, la crise des subprimes étant passée par là. Garder la maison pour ne pas oublier le passé ou la vendre et aller de l'avant ? Face à ce choix, tous les Turner, de Cha-Cha, le grand frère et désormais chef de famille, à Lelah, la petite dernière, se réunissent. Et s'il fallait chercher dans les secrets et la mythologie familiale pour trouver la clef de l'avenir des Turner et de leur maison ? 

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Anne-Laure Tissut


Le Sympathisant, Viet Thanh Nguyen (10/18)



Avril 1975, Saïgon est en plein chaos. À l'abri d'une villa, entre deux whiskies, un général de l'armée du Sud Vietnam et son capitaine dressent la liste de ceux qui pourront quitter le pays par les derniers avions. Mais ce que le général ignore, c'est que son capitaine est un agent double au service des communistes. Arrivé en Californie, tandis que le général et ses compatriotes exilés tentent de recréer un petit bout de Vietnam sous le soleil de L.A., notre homme observe et rend des comptes dans des lettres codées à son meilleur ami resté au pays. Dans ce microcosme où chacun soupçonne l'autre, notre homme lutte pour ne pas dévoiler sa véritable identité, parfois au prix de décisions aux conséquences dramatiques. Et face à cette femme dont il pourrait bien être amoureux, sa loyauté vacille... 

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Clément Baude


Nulle part sur la terre, Michael Farris Smith (10/18)


Une femme marche seule avec une petite fille sur une route de Louisiane. Elle n'a nulle part où aller. Partie sans rien quelques années plus tôt de la ville où elle a grandi, elle revient tout aussi démunie. Elle pense avoir connu le pire. Elle se trompe. Russel a lui aussi quitté sa ville natale, onze ans plus tôt. Pour une peine de prison qui vient tout juste d'arriver à son terme. Il retourne chez lui en pensant avoir réglé sa dette. C'est sans compter sur le désir de vengeance de ceux qui l'attendent depuis des années. Dans les paysages désolés de la campagne américaine, un meurtre va réunir ces âmes perdues, dont les vies vont bientôt ne plus tenir qu'à un fil. 

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Pierre Demarty

Ma chronique (coup de coeur)


C'est le coeur qui lâche en dernier, Margaret Atwood (10/18)


Stan et Charmaine ont été touchés de plein fouet par la crise économique qui consume les États-Unis. Réduits à vivre dans leur voiture, ils sont au bord du désespoir. Charmaine trouve alors la solution à tous leurs problèmes dans une étonnante publicité pour la ville de Consilience. Promesse d'une vie de rêve, Consilience leur assure un toit, à manger et du travail...un mois sur deux. L'autre mois, les habitants le passent en prison, nourris et blanchis, pendant que d'autres s'installent chez eux. Une règle absolue régit cette étrange utopie : ne jamais entrer en contact avec les "alternants". Mais Stan tombe bientôt sur un mot qui va le rendre fou de désir pour celle qui se glisse entre ses draps quand lui n'y est pas : "Je suis affamée de toi." 

Traduit de l'anglais (Canada) par Michèle Albaret-Maatsch




Le 22 août



La Disparition de Josef Mengele, Olivier Guez (Le Livre de Poche)


1949 : Josef Mengele débarque à Buenos Aires. Caché sous divers pseudonymes, l'ancien médecin tortionnaire à Auschwitz croit pouvoir s'inventer une nouvelle vie. L'Argentine de Perón est bienveillante, le monde entier veut oublier les crimes nazis. Mais la traque reprend et il doit s'enfuir au Paraguay puis au Brésil. Son errance ne connaîtra plus de répit... jusqu'à sa mort mystérieuse sur une plage en 1979.
Comment le médecin SS a-t-il pu passer entre les mailles du filet trente années durant ?
Une plongée inouïe au cœur des ténèbres : voici l'odyssée dantesque de Josef Mengele en Amérique du Sud. Le roman-vrai de sa cavale après-guerre.



Les huit montagnes, Paolo Cognetti (Le Livre de Poche)


Pietro est un enfant de la ville. L’été de ses onze ans, ses parents louent une maison à Grana, au cœur du val d’Aoste. Là-bas, il se lie d’amitié avec Bruno, un vacher de son âge. Tous deux parcourent inlassablement les alpages, forêts et chemins escarpés. Dans cette nature sauvage, le garçon découvre également une autre facette de son père qui, d’habitude taciturne et colérique, devient attentionné et se révèle un montagnard passionné.
Vingt ans plus tard, le jeune homme reviendra à Grana pour y trouver refuge et tenter de se réconcilier avec son passé.
Hymne à l’amitié, histoire familiale, ce texte splendide nous fait aussi et surtout ressentir la force de la montagne, personnage à part entière, capable de bousculer des existences et de transformer des êtres.

Traduit de l'italien par Anita Rochedy


Le Jour d'avant, Sorj Chalandon (Le Livre de Poche)


«Venge-nous de la mine, avait écrit mon père. Ses derniers mots. Et je le lui ai promis. À sa mort, mes poings menaçant le ciel. Je n’ai jamais cessé de le lui promettre. J’allais venger mon frère, mort en ouvrier. Venger mon père, mort en paysan. Venger ma mère, morte en esseulée. J’allais tous nous venger de la mine. Nous laver des Houillères, des crapules qui n’avaient jamais payé leurs crimes.»

Suite au décès de son frère Joseph, mineur, à cause du grisou dans la fosse Saint-Amé à Liévin en décembre 1974, Michel Flavent se promet de le venger un jour et quitte le nord de la France. Quarante ans après, veuf et sans attache, il rentre au pays pour punir le dernier survivant, un vieux contremaître, et enfin tourner la page.


Si un inconnu vous aborde, Laura Kasischke (Le Livre de Poche)


«C’est pour ça que Mona était à présent agenouillée devant le tiroir du bas en train de retourner les soutiens-gorge et les culottes de sa fille. À cet instant, elle palpait les différents articles sans penser y trouver quoi que ce soit, mais pour autant, ne fut pas si surprise quand elle mit la main sur la chose.»
Laura Kasischke explore un nouveau genre avec ces nouvelles étranges, dérangeantes, ironiques, qui sont autant d'uppercuts à nos aliénations quotidiennes.

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Céline Leroy



La Nature des choses, Charlotte Wood (Le Livre de Poche)


Droguées et kidnappées, dix jeunes femmes se réveillent prisonnières dans une ancienne ferme isolée en plein désert australien. Le crâne rasé, vêtues d'habits étranges, enchaînées, elles sont surveillées par trois geôliers, vicieux et imprévisibles, embauchés par une mystérieuse agence. Un jour, la nourriture vient à manquer. Pour elles comme pour eux. Et les proies se changent en prédatrices.

Traduit de l'anglais (Australie) par Sabine Porte





Parmi les loups et les bandits, Atticus Lish (Le Livre de Poche)


C'est dans un New York spectral, encore en proie aux secousses de l'après-11 Septembre, que s'amorce l’histoire de Zou Lei, une clandestine chinoise qui cumule petits boulots et séjours en prison, et de Brad Skinner, un vétéran de la guerre d'Irak meurtri par les vicissitudes des combats. Ensemble, ils arpentent le quartier du Queens, cherchant un refuge. L'amour fou de ses outlaws modernes les mènera au pire.
Dans ce texte puissant et sombre, Atticus Lish décrit l’Amérique des bas-fonds, nous raconte la vie de ces femmes et de ces hommes qui font le corps organique de la grande ville ― clandestins, main-d’œuvre sous-payée, chair à canon ―, achevant sous nos yeux les derniers vestiges du rêve américain.

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Céline Leroy


Une heure de jour en moins : poèmes, Jim Harrison (J'ai Lu)


On ne présente plus Jim Harrison, écorché vif dans un corps de grizzly des montagnes, l'un des plus grands écrivains américains contemporains. On connaît moins le Jim Harrison poète. C'est chose faite grâce à ce recueil réunissant des poèmes inédits écrits entre 1965 et 2010, dans lequel Harrison, poète contemplatif à la fois mélancolique et brutal, se fait le chantre vagabond et universel de l'Amérique profonde et des vastes étendues sauvages. Dans Une heure de jour en moins, Jim Harrison, plus virtuose et truculent que jamais, joue avec les formes, les influences et les cultures, rendant au passage un vibrant hommage à ses maîtres, Antonio Machado, René Char et César Vallejo.

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Brice Matthieussent


Dernières nouvelles, Jim Harrison (J'ai Lu)


Ce sont là les toutes dernières nouvelles écrites par Jim Harrison. Avec Les Oeufs, Jim Harrison se glisse dans la peau d'une femme isolée dans une ferme du Montana, pourtant bien résolue à avoir un enfant. Le-Chien est la dernière aventure du célèbre Chien Brun, son héros favori qui se revendique de sang-mêlé, force de la nature, hypersexuel, frondeur et insolent. L'Affaire des Bouddhas hurleurs met en scène l'ancien inspecteur Sunderson. Fidèle à son personnage de vieux sage au goût immodéré pour la pêche, la chasse, l'alcool et les jolies femmes, Sunderson ne résiste pas aux avances d'une jeune fille un peu trop délurée. La fin tragique de son double littéraire sonne comme un adieu du maître au sommet de son art.

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Brice Matthieussent


L'enfant-mouche, Philippe Pollet-Villard (J'ai Lu)


1944. La vie d'Anne-Angèle bascule lorsqu'elle accepte de prendre en charge Marie, une orpheline aux origines troubles. Ensemble, elles doivent quitter précipitamment la capitale pour s'installer dans un village de province où elles se heurtent aussitôt à l'hostilité des habitants. Anne-Angèle tombe malade et l'enfant, qui veille désormais sur son étrange tutrice, se trouve confrontée à un quotidien de combines, de bassesses et de violences répondant au seul impératif de la survie. Animée par une force parfois surhumaine, prête à tout, Marie détonne dans le paysage. Lorsqu'elle s'aventure du côté allemand, c'est un nouveau monde qui s'ouvre à elle. Marie devient L'enfant-mouche. Tiré de la propre histoire familiale de Philippe Pollet-Villard et dans la veine tragi-comique qu'on lui connaît, ce roman fait ressurgir d'un passé tabou le destin inimaginable d'une petite fille livrée à elle-même.



Le 23 août


Désert solitaire, Edward Abbey (coll. Totem, Gallmeister)


Peu de livres ont autant déchaîné les passions que celui que vous tenez entre les mains. Publié pour la première fois en 1968, Désert solitaire est en effet de ces rares livres dont on peut affirmer sans exagérer qu’il “changeait les vies” comme l’écrit Doug Peacock. À la fin des années 1950, Edward Abbey travaille deux saisons comme ranger dans le parc national des Arches, en plein coeur du désert de l’Utah. Lorsqu’il y retourne, une dizaine d’années plus tard, il constate avec effroi que le progrès est aussi passé par là. Cette aventure forme la base d’un récit envoûtant, véritable chant d’amour à la sauvagerie du monde, mais aussi formidable coup de colère du légendaire auteur du Gang de la clef à molette.

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Jacques Mailhos


Une assemblée de chacals, S. Craig Zahler (coll. Totem, Gallmeister)



Après avoir tiré un trait sur leurs jeunesses de braqueurs et d’assassins, les quatre membres du “Gang du grand boxeur” mènent désormais des existences rangées et paisibles. Jim a si bien réussi à refaire sa vie qu’il est sur le point d’épouser la sublime fille d’un shérif. Mais un fantôme de leur passé annonce qu’il va s’inviter à la cérémonie et profiter de la fête pour régler de vieux comptes. La mort dans l’âme, les quatre anciens complices n’ont plus qu’à se donner rendez-vous au mariage, où il faudra vaincre ou mourir. Mais ce qui les attend dépasse de très loin tout ce qu’ils avaient pu imaginer.

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Janique Jouins-de Laurens


Les Pionniers, James Fenimore Cooper (coll. Totem, Gallmeister)

Aux sources de la Susquehanna se trouve le lac Otsego, vaste région déserte hors de portée des colons. Mais en 1793, la « civilisation » est en marche vers l’Ouest et les pionniers repoussent toujours plus loin la Frontière, imposant la loi dans les terres sauvages. Pour avoir chassé un cerf, Natty Bumppo, dit OEil-de-Faucon, est condamné à la prison. Le jeune Edward Effingham, proche de la tribu des Delawares au point d’avoir été adopté par elle, le délivre, et tous deux s’enfuient avec Chingachgook, leur ami mohican. Révolté par la destruction du monde sauvage, Natty fait ses adieux pour s’enfoncer dans la forêt où il pourra vivre sans entrave. Comme Le Dernier des Mohicans dont il poursuit l’épopée, les Pionniers est un magnifique roman d’aventures qui brasse les mythes fondateurs de l’Amérique.

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par François Happe



Le 29 août



Equateur, Antonin Varenne (Le Livre de Poche)


États-Unis, 1871. Voleur et incendiaire dans le Nebraska, déserteur de l’armée, meurtrier dans le Nevada : Pete Ferguson est en fuite. Embauché par des chasseurs de bisons, qu’il quitte après un différend sanglant, il s’embarque pour l’Amérique centrale. Sur la piste de l’équateur, là où le monde tourne à l’envers et où les rêves sont vrais, trouvera-t-il cette terre promise qui changera son destin ?
Des grands espaces de l’Ouest américain ravagés par la guerre civile au Guatemala de la révolution libérale jusqu’à la frontière entre Guyane et Brésil, l’odyssée envoûtante et poétique de Pete Ferguson célèbre et renouvelle le grand roman d’aventures.





Le 03 septembre



Eileen, Ottessa Moshfegh (Le Livre de Poche)


Une femme se souvient avec un cynisme minutieux de la semaine qui a fait basculer sa vie cinquante ans plus tôt. En 1964, alors âgée de vingt-quatre ans, elle vit avec son père alcoolique dans une maison délabrée, près de Boston, et travaille comme agent d'accueil dans une prison pour délinquants mineurs. Elle subit cette existence sinistre avec un mélange d'impuissance, de colère et de haine – contre elle-même surtout. L'arrivée d'une fascinante jeune femme fraîche émoulue de Harvard et chargée de mission auprès des détenus joue un rôle de détonateur.
Un roman à la construction rigoureuse et à l'écriture incisive, où la tension devient peu à peu insoutenable.

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Françoise du Sorbier


Les Maraudeurs, Tom Cooper (Le Livre de Poche)


À Jeanette, en Louisiane, on survit grâce à la pêche, de génération en génération. Mais depuis le passage de l'ouragan Katrina, rien n'est plus pareil. Et quand la marée noire vient polluer les côtes, les habitants sont de nouveau confrontés au pire. Parmi eux, Gus Lindquist, qui rêve de trouver un trésor caché et parcourt le bayou armé de son détecteur de métaux, ou encore Wes Trench, un adolescent en conflit avec son père, et les frères Toup, cultivateurs de marijuana. Leurs chemins croiseront ceux de losers prêts à tout pour s’enrichir, et celui de Brady Grimes, mandaté par la compagnie pétrolière pour inciter les familles sinistrées à renoncer aux poursuites en échange d'un chèque. Chacun lutte, mais tous n'en sortiront pas indemnes...

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Pierre Demarty




Le 05 septembre



Gwendy et la boîte à boutons, Stephen King et Richard Chizmar (Le Livre de Poche)


Trois chemins permettent de gagner Castle View depuis la ville de Castle Rock : la Route 117, Pleasant Road et les Marches des suicidés. Comme tous les jours de cet été 1974, la jeune Gwendy Peterson a choisi les marches maintenues par des barres de fer solides qui font en zigzag l’ascension du flanc de la falaise. Lorsqu’elle arrive au sommet, un inconnu affublé d’un petit chapeau noir l’interpelle puis lui offre un drôle de cadeau : une boîte munie de deux manettes et sur laquelle sont disposés huit boutons de différentes couleurs.
La vie de Gwendy va changer. Mais le veut-elle vraiment ? Et, surtout, sera-t-elle prête, le moment venu, à en payer le prix ? Tout cadeau n'a-t-il pas sa contrepartie ?

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Michel Pagel


Ne fais confiance à personne, Paul Cleave (Le Livre de Poche)


Jerry Grey, célèbre auteur de thrillers, ne sait plus très bien où il en est. À force d'inventer des meurtres plus ingénieux les uns que les autres, n'aurait-il pas fini par succomber à la tentation de passer à l'acte ? Dans la maison de santé où on le traite pour un Alzheimer précoce, Jerry se rend compte que la trame de son existence comporte quelques inquiétants trous noirs. Est-ce dans ses moments de lucidité ou dans ceux de démence qu'il est persuadé d'avoir commis des crimes ? Quand la police pressent que les intrigues de Jerry sont inspirées de faits réels, l'étau se resserre. Mais la vérité est tout autre, bien plus effroyable que ce que tous ont pu imaginer !


Traduit de l'anglais (Nouvelle-Zélande) par Fabrice Pointeau



Le 06 septembre


Cry Father, Benjamin Whitmer (coll. Totem, Gallmeister)


Depuis qu'il a perdu son fils, Patterson Wells parcourt les zones sinistrées de l'Amérique pour en déblayer les décombres. Le reste du temps, il se réfugie dans sa cabane perdue près de Denver. Là, il boit et tente d'oublier le poids des souvenirs ou la bagarre de la veille dans un bar. Mais ses rêves de sérénité vont se volatiliser lorsqu'il fera la rencontre du fils de son meilleur ami, Junior, un dealer avec un penchant certain pour la bagarre. Les deux hommes vont se prendre d'amitié l'un pour l'autre et être peu à peu entraînés dans une spirale de violence.

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Jacques Mailhos


L'Affaire Galton, Ross Macdonald (coll. Totem, Gallmeister)

Une vieille dame richissime demande à Lew Archer de retrouver son héritier, disparu deux décennies plus tôt en compagnie d’une femme peu recommandable. Sans illusions, Archer se lance sur cette piste refroidie lorsqu’un meurtre surprenant l’en détourne. À défaut d’héritier, Archer débusque un squelette sans tête, un malfrat malin et une blonde terrorisée. Et découvre une combine particulièrement inventive, même pour la Californie.

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Jacques Mailhos




Une journée d'automne, Wallace Stegner (coll. Totem, Gallmeister)

Suspendue au bras de son mari Alec, Margaret guette avec impatience l’arrivée du train de sa sœur Elspeth, venue d’Écosse pour vivre avec eux dans l’Iowa. Vive et malicieuse, s’émerveillant d’un rien, Elspeth respire la joie de vivre et ne tarde pas à illuminer leur vie de riches fermiers bien installés. Mais alors que l’automne s’annonce, un triangle amoureux se forme peu à peu entre Alec et les deux sœurs. Lorsque survient l’irréparable, celui-ci ne tarde pas à se transformer en piège dramatique. Il faudra alors sauver ce qui peut l’être.
Dans ce court roman demeuré inédit en France, Wallace Stegner révèle avec la virtuosité qu’on lui connaît les drames qui se jouent derrière les apparences d’une existence paisible.

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Françoise Torchiana




Le 12 septembre


La Tour abolie, Gérard Mordillat (Le Livre de Poche)


«Quand les pauvres n'auront plus rien à manger, ils mangeront les riches.»
La tour Magister : trente-huit étages au cœur du quartier de La Défense. Au sommet, l'état-major, gouverné par la logique du profit. Dans les sous-sols et les parkings, une population de misérables rendus fous par l'exclusion. Deux mondes qui s'ignorent, jusqu'au jour où les damnés décident de transgresser l'ordre social en gravissant les marches du paradis.
Avec la verve batailleuse qui a fait le succès de La Brigade du rire, Gérard Mordillat, l'auteur de Vive la sociale ! et de Les Vivants et les Morts, nous offre une fable prodigieuse sur la société capitaliste et la révolte de ceux qu'elle exclut.


Anatomie d'un soldat, Harry Parker (Le Livre de Poche)


Le jeune capitaine britannique Tom Barnes est envoyé en mission dans une zone de conflit. Au retour d’une patrouille nocturne, il marche sur un engin explosif improvisé et est immédiatement rapatrié en Angleterre. Il se réveille une semaine plus tard, les deux jambes amputées.
C'est à travers quarante-cinq objets – garrot, sac à main, prothèse, miroir, basket blanche, etc. – conçus pour assister, observer ou nuire, que l’histoire se déploie et nous fait découvrir de manière inédite le destin et les pensées des acteurs du conflit et de leurs proches, quelles que soient leurs positions. Le témoignage singulier et saisissant de la reconquête de soi.

Traduit de l'anglais par Christine Laferrière



Théâtre des Dieux, M. Suddain (Le Livre de Poche)


Voici l’histoire de M. Francisco Fabrigas – explorateur, philosophe, physicien hérétique – qui embarque à bord d’un vaisseau plein d’enfants pour un voyage terrifiant vers une autre dimension, assisté par un capitaine juvénile, un brave garçon sourd, une fillette aveugle et futée et une botaniste sensuelle, tous poursuivis par le pape de l’univers, un magnétiseur coquet. Sombres complots, cultes démoniaques, jungles meurtrières, pagaille quantique, la naissance de la création, la mort du temps, et une créature nommée Sweety : tout cela et plus encore derrière le voile de la réalité.

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Michel Pagel



Le 19 septembre


Légende d'un dormeur éveillé, Gaëlle Nohant (Le Livre de Poche)


Du Montparnasse des années folles au Paris de l’Occupation, Gaëlle Nohant ressuscite un héros incandescent, généreux et libre. Ses amis s’appelaient Jacques Prévert, Louis Aragon, Jean-Louis Barrault ou Pablo Neruda. Poète, amoureux, résistant, féroce et blagueur, il croquait la vie, aimait Youki et la liberté à en mourir. 
Ce roman qui résonne comme un hymne à l’amour et à l’amitié, à la révolte et à la joie de vivre, est l’histoire d’une rencontre inoubliable.






Un mardi soir à New York, Molly Prentiss (Le Livre de Poche)


New York, début des années 1980. Le downtown est le centre de l'univers, un terrain de jeu revêche, encore à l’abri de l'embourgeoisement. Raul Engales, un peintre argentin en exil, s'affame pour payer son matériel. Il peint le jour d'immenses toiles mettant en scène les spectres qu'il croise la nuit. Un soir, il attire l'attention de James Bennett, critique d'art en vogue du New York Times, proche de Basquiat, Warhol et Keith Haring. Tandis que l'ascension fulgurante de l'un entraîne l'autre sous les projecteurs, une double tragédie les frappe. Dans ce chaos, Lucy, l'amante enjouée de Raul, tente de les extraire de leur détresse. Entre peintre, critique et muse se dessine alors un triptyque amoureux étourdissant.

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Nathalie Bru


Qui a peur de la mort ?, Nnedi Okorafor (Le Livre de Poche)


Dans une Afrique post-apocalyptique, la guerre continue de faire rage. Enfant du viol, rejetée par les siens du fait de sa peau et ses cheveux couleur de sable, Onyesonwu porte en elle autant de colère que d’espoir. Seule sa mère ne semble pas étonnée lorsqu’elle se met à développer les prémices d’une magie unique et puissante. Lors de l’un de ses voyages dans le monde des esprits, elle se rend compte qu’une terrible force cherche à lui nuire. Pour en triompher, elle devra affronter son destin, sa nature, la tradition et comprendre enfin le nom que sa mère lui a donné : Qui a peur de la mort.

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Laurent Philibert-Caillat




Le 26 septembre



Glaise, Franck Bouysse (Le Livre de Poche)


Au cœur du Cantal, dans la chaleur de l’été 1914, les hommes se résignent à partir se battre, là-bas, loin. Joseph, tout juste quinze ans, doit prendre soin de la ferme familiale avec sa mère, sa grand-mère et Léonard, vieux voisin devenu son ami. Dans la propriété d'à côté, Valette, tenu éloigné de la guerre en raison d'une main atrophiée, ressasse ses rancunes et sa rage. Et voilà qu'il doit recueillir la femme de son frère, Hélène, et sa fille, Anna, venues se réfugier chez lui. L'arrivée des deux femmes va finir de bouleverser un ordre jusque-là immuable et réveiller les passions enfouies.

Ma chronique (coup de coeur)


Une Mort qui en vaut la peine, Donald Ray Pollock (Le Livre de Poche)


1917, quelque part entre la Géorgie et l'Alabama. Le vieux Jewett, veuf et récemment exproprié de sa ferme, mène une existence de misère avec ses fils Cane, Cob et Chimney, auxquels il promet le paradis en échange de leur labeur. À sa mort, inspirés par le héros d'un roman à quatre sous, les trois frères enfourchent leurs chevaux, décidés à troquer leur condition d'ouvriers agricoles contre celle de braqueurs de banque. Mais rien ne se passe comme prévu…
Après Le Diable, tout le temps, couronné par de nombreux prix, Donald Ray Pollock revient avec une odyssée sauvage à l'humour très noir.

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Bruno Boudard





Le 03 octobre



Trilogie du Rempart Sud, tome 2 : Autorité, Jeff Vandermeer (Le Livre de Poche)


Depuis trente ans, ceinturée par une frontière invisible et coupée de toute civilisation, la Zone X effraie autant qu’elle fascine. Douze expéditions, toutes tragiquement inutiles, ont été supervisées par un organisme gouvernemental tellement secret qu'il en est quasi oublié : le Rempart Sud.
Fraîchement nommé à sa tête, John Rodriguez hérite d'une équipe méfiante et désespérée, d'une masse de questions, de notes secrètes et d'heures d'enregistrement particulièrement anxiogènes.
Dans Autorité, les questions d'Annihilation trouvent des réponses. Loin d'être rassurantes...
Jeff Vandermeer a reçu les prix Nebula et Shirley-Jackson pour Annihilation, qui a été traduit dans 24 langues et adapté en film pour Netflix. 

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Gilles Goullet



Le 04 octobre


Sexe, mort et pêche à la mouche, John Gierach (coll. Totem, Gallmeister)


Au bord des plus belles rivières américaines, John Gierach nous invite à un voyage au coeur de la nature sauvage, à la découverte des précieux secrets qui font d'une échappée en solitaire ou entre amis l'essence même de la vie. En dix-huit récits débordant de tendresse et d'ironie, sont évoqués tour à tour les truites, les éphémères, des copains de pêche, d'anciens amours, la spectaculaire Green River et les criques secrètes de l'Ouest. Il s'interroge avec humour et poésie sur les plus grands mystères de l'existence : le sexe, la mort et la pêche à la mouche.

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Jacques Mailhos


Tout est brisé, William Boyle (coll. Totem, Gallmeister)



Tout semble brisé dans la vie d’Erica. Seule dans sa maison de Brooklyn, elle prend soin de son père tyrannique et malade, sans autre soutien qu’une amie fidèle. Elle espère des nouvelles de son fils Jimmy, jeune homme fragile parti errer à travers le pays sans avoir terminé ses études. Mais voilà que Jimmy revient à l’improviste, en piteux état. Dans leur quartier peuplé de souvenirs, il s’efforce de soigner son mal de vivre dans l’alcool et les rencontres nocturnes. Erica, elle, ne veut pas baisser les bras et fera tout pour renouer avec son fils.

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Simon Baril



Landfall, Ellen Urbani (coll. Totem, Gallmeister)

En septembre 2005, l’ouragan Katrina s’abat sur la Nouvelle-Orléans, semant le chaos, emportant des milliers de vies. Émue par le sort des survivants, Rose, à peine âgée de dix-huit ans, s’apprête à rejoindre la ville meurtrie avec sa mère pour leur porter secours. Mais leur voiture percute une jeune fille. La victime n’a rien sur elle qui confirme son identité – seulement une page d’annuaire avec les coordonnées de la famille de Rose. Obsédée par cette étrange coïncidence, Rose entreprend de retracer pas à pas le parcours de l’inconnue à travers une ville en ruine, sans se douter que sa propre histoire est parsemée de secrets.

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Juliane Nivelt



Le 10 octobre



La Horde, Clive Cussler et Graham Brown (Le Livre de Poche)


Au beau milieu de l'océan Indien, un navire de recherches de la Numa prélève des échantillons au soleil couchant lorsqu'un membre de l'équipage distingue une tache sombre à la surface des flots. Ce qu'il prend d'abord pour une nappe de pétrole se révèle être une horde de particules noires, qui dévorent le bateau, tuant tout le monde à bord tandis que le bâtiment s'embrase.
Quelques heures plus tard, Kurt Austin et Joe Zavala sont en route pour les Maldives. Ce qu'ils vont découvrir sur la carcasse encore fumante du navire va les mener tout droit à un projet diabolique visant à contrôler le climat. Des millions de vies sont en jeu, et les premiers signes apparaissent déjà...
Cette terrible machination serait-elle liée à la disparition en mer du John Bury, assailli par les Japonais en pleine Seconde Guerre mondiale ?

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Jean Rosenthal



Le 17 octobre



Redemption Road, John Hart (Le Livre de Poche)


Un garçon, une arme à la main, attend l’homme qui a tué sa mère.
Une inspectrice de police perturbée affronte son passé à la suite d’une fusillade meurtrière.
Après treize ans de prison, celui qui fut un bon flic se retrouve libre tandis que, dans la forêt profonde, sur l’autel d’une église abandonnée, un corps refroidit enveloppé dans un drap blanc...
C’est une ville au bord du gouffre. C’est le chemin de la rédemption.
Débordant de tension, de secrets et de trahisons, Redemption Road prouve encore une fois que John Hart est un maître de la littérature policière.

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Laurence Kiefé




Ceux que je vous recommande :

  • Une Histoire des abeilles, Maja Lunde (Pocket) - disponible maintenant
  • Nulle part sur la terre, Michael Farris Smith (10/18) - disponible maintenant
  • La Disparition de Josef Mengele, Olivier Guez (Le Livre de Poche) - sortie le 22/08
  • Glaise, Franck Bouysse (Le Livre de Poche) - sortie le 26/09


Ceux qui me tentent le plus :

  • C'est le coeur qui lâche en dernier, Margaret Atwood (10/18)
  • Les huit montagnes, Paolo Cognetti (Le Livre de Poche)
  • La Nature des choses, Charlotte Wood (Le Livre de Poche)
  • Parmi les loups et les bandits, Atticus Lish (Le Livre de Poche)
  • Gwendy et la boîte à boutons, Stephen King (Le Livre de Poche)
  • Une mort qui en vaut la peine, Donald Ray Pollock (Le Livre de Poche)
  • Redemption Road, John Hart (Le Livre de Poche)


Je vous souhaite de très belles lectures.

A bientôt ^^